Pour ne pas galérer comme la veille, nous décidons de louer un wi-fi egg à l’aéroport. Cet appareil est en fait un wi-fi portable qui permet d’avoir internet en 3G illimité absolument partout. Pour 6€ par jour, ceci se révèle être un avantage de taille quand on se trouve dans un pays étranger dont on ne parle pas la langue. Armés de notre outil de survie ultime, nous improvisons notre activité du jour, sur la lancée,  qui sera le « Ripley’s Believe It or Not! Museum ». Pour cela, nous devons prendre un bus qui nous amènera au sud de l’île, près de Seogwipo. Avec internet en poche, on y voit plus clair et après avoir demandé confirmation au chauffeur, nous voilà partis pour 1h40 de route.

Le trajet se fait sous une pluie battante et nous sommes secoués dans tout les sens. Non pas à cause de la qualité du goudron sur lequel nous roulons mais plutôt à cause du conducteur et de sa manière complètement extrême de négocier les virages. Malgré tout, Laurent arrive à roupiller pendant que je découvre les paysages verdoyants, tout en m’assurant à coups d’oeil incessants sur mon smartphone/GPS, que nous suivons le bon itinéraire.

Notre point de chute se fait près d’un complexe d’hôtels de luxe avec divers musées, un aquarium et… oh tiens, un convenience store !
Au milieu de tout ça, le bâtiment du Believe It or Not! Museum se repère assez facilement de par son style bariolé et son architecture qui tranche littéralement avec le cadre. Nous découvrons que l’intérieur est tout aussi original que la façade. C’est en fait une collection impressionnante d’objets complètements insolites, ramenés par un aventurier américain nommé Robert Ripley lors de ses voyages du début du siècle dernier, dans exactement 201 pays. Ainsi se succèdent images d’archives, têtes réduites, armes tribales, œuvres d’art peintes sur de minuscules coquillages, robe en papier toilette, reproductions d’appareils de tortures et automates utilisant l’énergie cinétique. Le tout est aussi absurde que surprenant.

Il est temps de rentrer, nous sommes déjà en fin d’après-midi. On se dirige alors vers l’arrêt du Airport Limousine Bus, censé nous faire gagner au moins 45 minutes de trajet. Déjà présent, deux couples de touristes et deux monsieurs qui gravitent autour d’eux. Nous cherchons quelques informations sur les affichages, nous remarquons un petit box intégré à l’abris-bus dans lequel une caissière est installée. C’est alors qu’un des deux homme vient à notre rencontre et se présente comme étant taxi : « Je vous dépose à l’aéroport, en trente minutes pour 20 000 wons chacun ». Il nous prend clairement pour des pigeons. J’essaie quand même de marchander brièvement mais nous ne tomberons pas d’accord, on préfère attendre sagement notre bus sans se faire avoir.

Voilà, le numéro 600. Puis tout va très vite.
La porte à peine ouverte, le chauffeur nous lance « non, pas de carte T-Money, on ne prend personne». La caissière accourt, non pas pour nous venir en aide mais pour glisser furtivement une pochette, certainement pleine de cash, au conducteur du véhicule qui s’empresse de refermer les portes et de partir à la hâte. Puis elle se tourne vers les couples et s’occupe soudain de les répartir dans les deux taxis présents « toi 10 000 et toi 10 000 dans cette voiture, toi 10 000 et toi 10 000 dans l’autre ». Ils abdiquent. Il nous en faut plus pour tomber dans le panneau. On ne laisse même pas la chance à ces petits arnaqueurs pourris d’essayer de nous convaincre de leurs basses techniques et on leur tourne le dos pour se diriger vers l’arrêt du 782 et les 1h48 de trajet qui nous attendent.

Le soir-même, dur de fermer l’œil. Sur les coups de 3h du matin, on se met d’accord pour faire une virée au 7-eleven du coin. On reviendra avec de délicieux ddeokbokkis pimentés, du lait banane et de la glace pour calmer notre fringale nocturne. De retour en France, ces petit magasins vont nous manquer !

Évidemment, nous nous levons tard. Je reçois un message de Youngjun qui me fait la météo et qui me demande de nos nouvelles, comme tout les jours. Notre hôte est tellement serviable que ça en deviendrait gênant.
Vu que que le temps s’annonce bien pourri pour la journée, nous avons choisi de visiter la Manjanggul Cave, qui est en fait une galerie souterraine, ouverte au public sur un kilomètre, formée par les coulées de lave du temps où Jeju était encore un énorme volcan actif. Le plafond suinte, suite aux pluies de ces derniers jours. Le sol, autrefois en fusion, est maintenant figé et forme de jolis motifs dynamiques sur un parterre plat, comme naturellement aménagé pour les visites. On plaisante à moitié sur le fait qu’au bout du tunnel nous attend certainement un convenience store.

Au retour nous nous arrêtons dans un parc près de notre logement, où il paraît qu’un formidable couché de soleil est visible du haut d’une colline. En effet, nous ne serons pas déçu par la vue. On se délecte du spectacle, perché dans un gazebo. On a commencé notre journée sous terre et nous la finissons « au top ». Sans un seul mot, le visage fouetté par les vents déchainés, nous nous brûlerons la rétine jusqu’au crépuscule.

À la base, j’ai trois passions qui se complètent assez bien : la pizza, la weed et Netflix.
Le problème avec des hobbies comme ça, c’est que t’as vite fait d’être à court d’anecdotes quand on te demande ce que t’as foutu de ton week end.

Alors, j’ai créé un site qui laisse croire que je fais quelque chose de ma vie, ce qui me permet d’avoir l’air plus productif qu’en réalité tout en ayant la possibilité de continuer mes occupations favorites dans la tranquillité la plus totale.