Chère Carrie Fisher,

J’ai conscience que cette lettre est complètement absurde : 1) vous ne parlez sûrement pas français et 2) vous êtes décédée. Mais si je brave la limite de l’absurde aujourd’hui c’est car votre décès m’a peinée, plus que je ne l’aurais imaginé, et j’avais envie de vous rendre hommage. Après tout, même si ce n’est que symbolique, j’avais envie de vous dire au revoir.

Carrie, je ne vous ai découverte que tard. En effet, j’ai regardé Star Wars pour la première fois en 2014 et j’ai aimé la Princesse Leia instantanément. Je n’en revenais pas de voir un personnage féminin si fort pour des films qui, l’air de rien, commençaient à dater. Certes, dans cette saga intersidérale les femmes ne sont pas légion, mais vous incarnez un personnage comme j’aimerais en voir plus souvent. Puis, est arrivée la scène du fameux bikini. J’avoue, quand je vous ai vue dans cette tenue, je n’ai pu réprimer un intense face palm intérieur. Vous réduire à l’esclavage n’était donc pas suffisant, il fallait aussi qu’on vous montre dans ce qui avoisine le plus simple appareil… Mais fort heureusement, la Princesse a su donner à cet infâme Jabba tout ce qu’il méritait ; maigre consolation, mais consolation quand même. Après cette scène, il ne faisait plus aucun doute : vous faisiez désormais partie de mon top trois des meufs les plus badass. Mon seul regret aura été de connaître Leia si tard, car j’aurais adoré grandir en l’ayant pour modèle.

Autant vous dire que vous voir sur grand écran dans l’épisode 7 m’a beaucoup émue. J’ai exulté de vous voir en Générale, poursuivre, dans une tenue en adéquation avec vos fonctions, votre quête avec fière allure.

Puis, le temps a passé jusqu’à la semaine dernière, où vous êtes décédée. C’est alors que j’ai délaissé Mademoiselle Organa pour m’intéresser davantage à vous, Carrie. Et j’ai découvert une femme encore plus inspirante que votre personnage phare. Vous étiez sans langue de bois, d’une classe incroyable et d’un humour empreint d’autodérision absolument génial. Je n’ai pas vu une interview de vous où un homme, tout âge confondu, n’ait pas fait allusion à votre célèbre tenue d’esclave en soulignant le fait qu’elle l’ait titillé étant jeune. Qui plus est, même quand certains précisaient avoir « pensé à vous » plusieurs fois par jour, vous vous contentiez de hausser les sourcils en riant discrètement, les mains levées au ciel, alors qu’on peut facilement penser, qu’avec les années, ce genre de réflexions pourraient vous fatiguer, qu’il serait usant qu’on vous ramène une énième fois à votre physique alors que votre personnage est tellement plus ! Mais non, vous restez sympathique en toutes circonstances : la. classe.

J’ai dévoré vos interviews. D’après ce que j’ai compris vous avez aidé à libérer la parole sur les maladies mentales, mais aussi les addictions dont vous avez souffert. Vous ne vous êtes pas cachée de vos périodes sombres, mais avez utilisé le mégaphone de votre notoriété pour donner une tribune à ces difficultés et vous avez aidé, par là-même, à faire évoluer les mentalités ; tout ça, en inspirant nombre de femmes, plus ou moins célèbres, à prendre la plume. Critique envers George Lucas, vous avez dénoncé, toujours dans le respect mais non sans un trait d’humour assassin, vos désaccords avec ce dernier sur le tournage de la Guerre des étoiles.

Bien plus que l’interprète de Leia, vous aviez l’air d’être une personne pleine d’esprit tout à fait charmante. J’aurais adoré discuté avec vous, j’aurais des milliards de questions à vous poser. Et même si je n’aurais jamais l’occasion de vous rencontrer, j’aime à savoir que vous resterez un modèle féminin et féministe, pour moi comme pour beaucoup, et je vous en remercie.

Ce soir, en sirotant un coca bien frais au clair de lune, je penserai à vous et à ce foutu soutien-gorge.

Amicalement,

Jessica.

 

Crédit photo : Riccardo Ghilardi©

Je n’ai pas le physique d’une Jessica Rabbit, la vivacité d’esprit d’une Jessica Fletcher et encore moins la force d’une Jessica Jones. Je dirais plutôt avoir l’appétit d’une Liz Lemon, l’indépendance d’une Elizabeth Bennet et l’optimisme d’une Kimmy Schmidt.
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