Au l’instant où j’écris ces lignes, on est un samedi. Il est 10h57.
Je viens de manger une pizza et des pains au chocolat pour le petit déjeuner et je suis encore un peu sonné par la nuit que je viens de passer. Le genre de nuit, où dans ton lit, à quatre heures du matin, tu n’arrives pas à fermer l’œil.

Rien ne se passe.

Incapable de supporter le silence assourdissant, ton cerveau décide de faire une rétrospective de ton existence en partant de tes quatre ans jusqu’à atteindre la veille au soir, tout en mettant l’accent sur les petites humiliations et les moments gênants. L’angoisse.

« Putain cerveau, t’es vraiment sur de toi là ? Tu veux faire ça maintenant ?
Oh puis merde, fais ce que tu veux, moi je vais juste fermer les yeux le plus fort possible. »

Mais t’es coutumier du fait. Tu sais très bien comment ça se passe, tu ne peux pas vraiment lutter. Ce sont les conséquences de ton mal-être, des problèmes que tu as avec toi-même. De la sensation de ne pas rentrer dans le cadre, d’être à l’étroit dans ta vie avec la culpabilité d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre à la sortie de l’adolescence.

« Ta gueule… »

Résultat des courses, ça a fait de toi un adulte déçu.
Déçu d’avoir compris qu’il n’y a pas grand chose à attendre de demain.
Tu ne seras pas celui que tu pensais devenir.
Tu es plutôt devenu celui que ton institutrice de CM1, que ton professeur de français de cinquième et ce que la proviseur de ton lycée t’avaient prédit : un gros loser.

Faisons l’état des lieux

Tu as récemment eu 30 ans mais tu n’as toujours pas de permis, qui est pourtant un des premiers signes de l’émancipation que l’on obtient à l’aube de la majorité. Tu vis et tu travailles avec ton père. Que serais-tu devenu sans lui ? Tu serais peut-être à la rue, ou pire, tu ne serais peut-être plus.
Tes relations sociales se limitent à ta famille, à tes collègues de taf et à tes clients.
Avant ça, tu as passé presque quatre ans sans vrai travail et une reconversion avortée, la majorité du temps cloîtré dans ta chambre, rongé par des épisodes dépressifs.
Lors des réunions familiales, tu peux même lire de la déception dans les yeux de tes proches quand ils s’adressent à toi.
Tu ne vois même plus tes potes. Au fil du temps, la vie de couple et la vie professionnelle auront eu raison de votre amitié. Vous ne vous voyez que très rarement et quand ça arrive, ce n’est que pour mieux comprendre que désormais tout vous oppose.

Ah, et quand j’évoque la vie amoureuse, bien entendu, je ne fais pas référence à la tienne qui est absolument désastreuse. Depuis dix ans, tu as alterné ces quelques histoires anecdotiques, qui durent entre deux rendez-vous et deux semaines, parce que le regard de l’autre te paralyse et que tu es incapable de te soumettre à un quelconque engagement.
Tu crois pas qu’il serait temps de prendre tes responsabilités?
L’autre jour en stalkant sur Facebook, tu as pu voir que même ton plan cul régulier d’il y a deux ans a fini par avoir son premier enfant. Le pire c’est qu’ils ont l’air heureux. Ça te fais mal, hein?

À travers la fenêtre, je vois que le jour commence à poindre.

Je touche le fond


J’en ai assez, il faut que je trouve une solution.

Deux choix s’offrent à moi.
– 1/ Creuser, rester là et laisser les idées noires me submerger ?
– 2/ Taper du pied, foncer et crever la surface ?

J’ai mes deux bras, mes deux jambes et après tout, je ne suis pas plus con qu’un autre.
J’ai des capacités et il ne faut plus que j’attende que l’inspiration m’apparaisse, je dois aller la chercher.

Qu’est-ce qu’il pourrait m’en empêcher ? Le manque de confiance ?
Ça ne me fait même plus peur.
Ça me paraît comme une évidence, la confiance ça tombe pas du ciel.
Je dois me donner l’occasion d’accomplir, e
n fouillant dans mes inspirations assez diverses, qui vont de Jean-Paul Sartre à Casey Neistat. J’en ai dégagé un enseignement qui est que  « l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait ». C’est à dire qu’il n’y a que moi qui décide de ne plus me conduire dans le mur.

Je dois faire en sorte de pouvoir être fier et que l’on soit fier de moi.

Ma décision est prise, je vais tout niquer: Réponse 2 !

Ça doit passer par le changement

Fini la passivité.
Je ne blâmerai plus les autres pour mes malheurs.
Je ne me morfondrai plus et je dois tout faire pour rester positif.
Il me faut aussi de la discipline et pour ça je m’en remettrai à une des seules choses dont je ne doute pas, ma force de caractère.

Accessoirement je devrai caser un peu de sport dans tout ça, parce que jusqu’à présent mon maximum d’effort physique se résume à marcher pour aller prendre les transports en commun.

Et pour finir, ça serait trop con de croire à l’illusion du résultat immédiat alors il me faudra du courage pour tenir la distance, parce que ça sera très long.
Donc si je remets des trucs au lendemain, ça ne sera que pour mieux prévoir.

Dès maintenant, je change complètement mon mode de vie et je fais un premier pas.
La première étape, écrire un article pour commencer mon blog.

« En fait cerveau, je crois que je devrais t’écouter plus souvent. T’es peut-être quelqu’un de bien après tout. »

À la base, j’ai trois passions qui se complètent assez bien : la pizza, la weed et Netflix.
Le problème avec des hobbies comme ça, c’est que t’as vite fait d’être à court d’anecdotes quand on te demande ce que t’as foutu de ton week end.

Alors, j’ai créé un site qui laisse croire que je fais quelque chose de ma vie, ce qui me permet d’avoir l’air plus productif qu’en réalité tout en ayant la possibilité de continuer mes occupations favorites dans la tranquillité la plus totale.