Notre première vraie incursion en plein centre ville de Séoul se fait en métro.
Comme bien souvent à travers le monde, c’est généralement le lieu où se révèlent les personnalités excentriques au comportement desinhibé. Autrement dit, c’est souvent dans le métro que l’on croise les tarés.
Ce jour-ci, ce phénomène se montre sous la forme d’un individu d’une soixantaine d’années, bien mis dans son costume. À peine une minute après notre entrée dans le wagon, le voilà qui fonce sur mon cousin et moi, animé par un prêche qu’il récite dans un anglais parfait. Puis il se plante là, à moins d’un mètre et continue, d’un seul souffle, à débiter sa ferveur catholique. À cette distance, je remarque ses yeux bouffis par ce qui semble être une surconsommation d’alcool. Loin d’impressionner nos cerveaux mal réveillés ainsi que nos convictions respectivement teintées d’athéisme et d’agnosticisme, je profite d’un espace dans son sermon pour lui rétorquer un « amen » qui a pour effet de le satisfaire pleinement. Après un sourire qui se voulait complice, il tourne enfin les talons. Je crois que ça rend diplomate de passer du temps dans les transports marseillais.

Bref. La première étape de cette journée sera donc le Gyeongbokgung.
C’est un palais royal de l’époque Joseon et … c’est à peu près tout ce que je sais. J’aurais certainement pu en dire plus si on ne s’était pas contenté de bâcler notre visite au musée national.
Nous arrivons à la porte principale juste au moment où se termine la cérémonie de la relève de la garde royale. À l’intérieure des murs, plusieurs grandes cours se succèdent, puis des jardins et de mignonnes petites habitations. Dans une des enclaves, une construction sur pilotis domine un magnifique plan d’eau. Sans la horde de touriste, il est facile d’imaginer un calme olympien régner sur le lieu.

À la recherche d’un restaurant et sans savoir très bien où est-ce que nous voulons nous poser, nous errons un peu par hasard jusqu’à revenir à notre point de départ, plus affamés que jamais. On trouvera finalement notre place dans un excellent restaurant de spécialités coréennes. Rassasiés, nous explorons Bukchon, charmant quartier entremêlé de petites boutiques modernes et de maisons traditionnelles en bois, où l’on croise beaucoup de couples en quête de romantisme.

Nous poussons plus loin la visite en allant à pied jusqu’à la grande promenade verdoyante, placée en plein milieu des buildings, nommée Cheonggyecheon, scindée par un cours d’eau, sur six kilomètres. Elle prend la place de ce qu’était avant une parcelle d’autoroute. Nous rejoignons le Gwanghwamun Square, qui fait figure de point central de Seoul avec ses deux statues, érigées à la gloire de l’amiral Yi Sun-Shin et de Sejong le Grand, roi de la dynastie Joseon.

Nous terminerons cette journée à siroter une bière au soixantième étage du DLI 63 Building, tout en admirant un coucher de soleil splendide dont la lumière, rendue étrangement diffuse par la pollution, donne à la ville des airs de Blade Runner.

À la base, j’ai trois passions qui se complètent assez bien : la pizza, la weed et Netflix.
Le problème avec des hobbies comme ça, c’est que t’as vite fait d’être à court d’anecdotes quand on te demande ce que t’as foutu de ton week end.

Alors, j’ai créé un site qui laisse croire que je fais quelque chose de ma vie, ce qui me permet d’avoir l’air plus productif qu’en réalité tout en ayant la possibilité de continuer mes occupations favorites dans la tranquillité la plus totale.